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Sport santé

Boxe à l’hôpital : le cardio-boxing comme espace de respiration pour les soignants

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Points essentiels

  • L’Organisation mondiale de la santé recommande au moins 150 minutes par semaine d’activité physique d’intensité modérée chez l’adulte, un objectif difficile à atteindre pour de nombreux soignants en raison des contraintes professionnelles.
  • Pensé pendant la crise sanitaire, le programme de prévention Boxe à l’hôpital propose des séances de cardio-boxing directement au sein des établissements de santé, à destination des équipes soignantes.
  • Le dispositif repose sur une pratique accessible, sans compétition ni affrontement, conçue pour s’intégrer au quotidien hospitalier et lever les freins à la pratique d’une activité physique régulière.
  • Les participants décrivent des effets immédiats sur la récupération physique, la gestion du stress et la fatigue mentale, après des journées de travail souvent éprouvantes.
  • L’initiative s’inscrit dans une approche de prévention globale, sans se substituer aux dispositifs de prise en charge médicale ou psychologique lorsque ceux-ci sont nécessaires.

 

Depuis plusieurs années, la question de la santé des soignants s’impose comme un enjeu central du fonctionnement hospitalier. Charge émotionnelle, contraintes organisationnelles, tensions relationnelles, fatigue chronique : la crise sanitaire n’a fait que rendre visibles des fragilités déjà présentes. C’est dans ce contexte qu’a émergé, en 2020, le programme de prévention « Boxe à l’hôpital », déployé par Villa M pour les équipes soignantes.

Loin d’une approche sportive classique ou performative, le dispositif s’appuie sur le cardio-boxing comme outil de prévention et de mieux-être au travail. Il s’adresse spécifiquement aux équipes soignantes, avec une ambition claire : créer, au cœur même de l’hôpital, un espace de respiration physique et mentale, sans ajouter de contrainte supplémentaire à des emplois du temps déjà saturés.

Intégrer l’activité physique dans le quotidien des hospitaliers

Boxe à l’hôpital a été conçu pour s’adapter aux réalités du terrain hospitalier. Les séances sont organisées directement au sein des établissements, en fin de service ou sur des créneaux compatibles avec les contraintes des équipes. À l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP, par exemple, des soignants se retrouvent chaque semaine pour une session collective de 45 minutes, encadrée par un coach professionnel.

Cette intégration au lieu de travail constitue un point clé du dispositif. Elle limite les freins habituellement associés à la pratique sportive, notamment le manque de temps, la fatigue en fin de journée ou la nécessité de se déplacer. Aucun prérequis physique n’est exigé, et l’approche se veut volontairement inclusive, quels que soient l’âge, la condition physique ou l’expérience sportive des participants.

Une pratique sans affrontement, centrée sur l’engagement corporel

La cardio-boxe proposée dans le cadre du programme s’inspire des mouvements de la boxe, mais sans opposition ni contact. Les séances combinent enchaînements dynamiques, travail cardio, coordination et mobilité, dans un cadre sécurisé et bienveillant. L’objectif n’est ni la performance, ni la technicité, mais l’engagement du corps et le relâchement des tensions accumulées.

Ce positionnement est essentiel pour lever les réticences de soignants peu familiers de l’activité physique ou éloignés des pratiques sportives compétitives. Chacun peut s’engager à son rythme, sans jugement, dans un collectif qui partage les mêmes contraintes professionnelles.

Michèle, infirmière à l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP, décrit ainsi son expérience : « Ça déstresse. Après une journée compliquée, ça fait du bien. » Ce temps dédié permet aux participants de se reconnecter à leurs sensations corporelles, dans un environnement qui tranche avec le rythme et la pression du quotidien hospitalier.

Sans se revendiquer comme un programme thérapeutique, Boxe à l’hôpital repose néannmoins sur une activité physique complète. Les enchaînements sollicitent le système cardiovasculaire, les muscles des membres supérieurs et inférieurs, ainsi que les capacités de coordination et d’équilibre.

Pratiquée de manière régulière et encadrée, cette combinaison contribue au maintien de l’endurance physique, à l’amélioration de la capacité fonctionnelle et à une meilleure aisance dans le mouvement. L’absence de confrontation directe et la progressivité des exercices favorisent une adhésion durable, sans risque de découragement ou de sursollicitation.

Ce que montre la littérature sur l’activité de type cardio-boxing

Les activités physiques d’intensité modérée à soutenue réduisent le risque de maladies cardiovasculaires de 20 à 30% lorsqu’elles sont pratiquées régulièrement.

Les exercices combinant cardio et coordination sont associés à une diminution du stress perçu et à une amélioration du bien-être psychologique.

Chez les adultes actifs, une pratique régulière est corrélée à une amélioration de la qualité du sommeil et à une réduction de la fatigue mentale.

Sources : Organisation mondiale de la santé, American College of Sports Medicine.

Un impact ressenti sur la fatigue mentale et émotionnelle

Au-delà de l’effort physique, les participants mettent en avant les effets ressentis sur le plan mental. Les séances offrent un espace de relâchement émotionnel, où l’attention se concentre sur le mouvement, la respiration et la dynamique collective. Cette focalisation corporelle agit comme une parenthèse, permettant une récupération mentale perceptible après des journées souvent éprouvantes. Anne-Marie, infirmière de bloc opératoire, témoigne :« Je n’étais pas du tout sportive. J’ai été malade et on m’a conseillé de reprendre une activité physique. Ces cours à l’hôpital sont tombés à point. Grâce à eux, je revis. » Et c’est bien là, un des points essentiels du dispositif : soutenir les soignants sans leur imposer une injonction supplémentaire à aller mieux, mais en leur proposant un cadre accessible et concret.

Points de vigilance

L’activité physique contribue au bien-être physique et mental, mais ne se substitue pas à une prise en charge médicale ou psychologique lorsque celle-ci est nécessaire. Les dispositifs de sport-santé s’inscrivent dans une approche globale de prévention et doivent être pensés en complémentarité avec les autres ressources disponibles.

 

 

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